Décembre 2022

Que retenir de l’exercice 2022 ? Un mauvais cru assurément pour les marchés financiers puisque les deux grandes classes d’actifs que sont les actions et les obligations ont conjointement baissé, ce qui est très décevant pour les défenseurs d’une allocation équilibrée entre actifs dits risqués (les actions) et placements de taux « protecteurs » (les obligations). Cela milite en revanche pour notre approche d’un portefeuille construit sur une sélection d’actions à long terme.

Dès l’entrée des chars russes sur le territoire ukrainien le 24 février dernier, la toile de fond est en effet devenue chaotique sur beaucoup de fronts : retour en force de l’inflation accompagné d’un revirement marqué des banques centrales, d’une crise énergétique et de dérives récessionistes. Sans doute faut-il incriminer, en amont de ces évènements, les épisodes successifs de la pandémie mondiale, qui ont déréglé les chaînes d’approvisionnement conçues pour fonctionner en régime de croisière et non en « stop and go » à répétition.

En 2022, le catalyseur géopolitique nous a confrontés, avec un effet boomerang, à une valse triste entre hausses de taux répétées par les banques centrales de part et d’autre de l’Atlantique, craintes de stagflation et angoisses de pénurie d’énergie. Les marchés ont entériné ces évènements : des taux à 10 ans qui bondissent aux États-Unis de 1,5% à près de 4%, trajectoire qui pénalise le placement en obligations et pour les marchés d’actions, un indice mondial en baisse de près de 20%. Avec une baisse du même ordre (-20 %), l’indice américain S&P 500 affiche son plus fort recul depuis 2008 ; le Nasdaq paie ses excès passés avec une baisse de 33%. Seul le secteur de l’énergie (+40% de l’indice sectoriel) a profité du renchérissement et de la rareté des produits énergétiques. Il est estimé également que le dollar a progressé de 8% environ par rapport au panier des principales devises.

Pour notre part, nous retenons deux enseignements pour l’avenir : en premier lieu, le « free lunch » des taux négatifs et du capital surabondant appartient désormais au passé, ce qui incitera l’investisseur avisé à se tenir à l’écart des entreprises trop endettées ; en second lieu, un retour à la normale nous paraît envisageable tant en termes d’inflation (le pic serait atteint), de choc énergétique que de commerce mondial. Cela conforte notre stratégie consistant à privilégier des portefeuilles construits sur des entreprises sélectionnées selon nos critères prudentiels mais pouvant tirer parti d’une embellie du cycle.

Qu’en est-il des fonds Clartan Associés ? Ils ont bien résisté en 2022 avec une baisse contenue de 5,1% pour Clartan Patrimoine C, de 6,2% pour Clartan Évolution C et Clartan Valeurs C, et de 10,1% pour Clartan Europe C. L’accent mis sur le secteur énergétique (Shell, Total) et l’absence de valeurs technologiques américaines surcotées ont contribué à ce résultat. Avec une baisse de 19,8%, Clartan Ethos paie certes le tribut des petites capitalisations boursières en phase de baisse des marchés mais reprend du terrain sur son indice de référence (-22,5 %).